Revue de matière, épisode n°1 ou le plastique, c’est fantastique !
Choisir un objet par sa matière peut être un acte sensoriel et … écologique. La plupart des gens ne savent pas ce que signifie chimiquement et « écologiquement » les mots latex / caoutchouc, plastique / bioplastique, PVC, Plexiglas. Pourtant, tous ces mots peuplent notre quotidien.
Pour entrer en matière, au sens propre, voici quelques objets ordinaires :
Petit descriptif synthétique des divers matériaux :
- LATEX / CAOUTCHOUC
Ce matériau élastique est élaboré à partir du lait secrété par l’hévéa OU synthétisé artificiellement.
Le bilan carbone du latex végétal (ou caoutchouc naturel puisque c’est le nom donné après transformation) est satisfaisant même s’il est essentiellement récolté dans la zone inter-tropicale (Thaïlande, Brésil, Côte d’Ivoire) et nécessite une laborieuse transformation. Passons sur les conditions salariales des cultivateurs de latex notamment en Afrique, il est fort à parier qu’elles sont désastreuses. En revanche, le latex d’origine végétale est une matière naturelle qui n’émet pas de particules nocives. Voilà pourquoi il est préféré pour la fabrication des tétines de biberon… et des préservatifs! 90% de la production de latex naturel, en raison de ses propriétés, est toutefois dévolue à la fabrication de pneus.
Le latex polymérisé n’a rien de « naturel » mais il peut se passer de l’hévéa. Il nécessite une transformation chimique désormais très bien maîtrisée. Son bilan carbone est donc paradoxalement meilleur. Moins d’arbres « saignés », meilleur rendement, moins de transport, le latex polymérisé sort gagnant en terme de bilan carbone.Toutefois, le latex végétal est plus naturel et donc moins nocif. Tous les latex sont aisément recyclables, ce qui leur confère un bon « karma » écologique.
- PLASTIQUE / BIOPLASTIQUE
Au début, le plastique partait bien: dérivé de matériaux naturels tels que la caoutchouc, la caséine (le lait est à la base du matériau Bakélyte) ou la cellulose. Mais aujourd’hui, la plupart des plastiques sont dérivés du pétrole. Ils ont progressivement mais sûrement remplacé les métaux (notamment dans l’électroménager) en raison de leur légéreté, de leur flexibilité et de leur résistance à la corrosion. Problème: puisqu’ils ne se dégradent pas, on les retrouve partout… au point qu’ils constituent actuellement l’un des matériaux les plus polluants de la planète (Cf. documentaire sur « la malédiction du plastique ») En outre, le récent débat sur le Bisphénol A a jeté le doute sur la nocivité de ce matériau qu’on croyait sûr puisque lisse et lavable. Résultat: bilan carbone désastreux et matériau potentiellement nocif.
Les bioplastiques peuvent constituer une alternative prometteuse mais n’est pas non plus la panacée : ils sont issus de ressources renouvelables, telles que le maïs, la patate douce, le blé, la canne à sucre ou l’huile de ricin. Pas nécessairement dégradables, ils ne reposent pas sur une énergie fossile. Toutefois, une étude récemment publiée par une équipe de chercheurs de l’Institut de chimie et des sciences de l’ingénierie (ICES) de Singapour compare les impacts environnementaux des sacs en bioplastique et en polymère conventionnel. D’après leurs résultats publiés ce mois-ci, dans la revue International Journal of Life Cycle Assessment, les bienfaits des bioplastiques ne sont pas si tranchés. On devrait plutôt parler d’agroplastique plutôt que de bioplastique.
- PVC
Le polychlorure de vynile que l’on retrouve dans de très nombreux objets (tuyaux, sols, etc.) est fabriqué à partir d’acide chlorydrique. Sa combustion est donc extrêmement problématique puisque l’inhalation de ce produit est très irritante. Quand au chlore, matière première de ce polymère, il est extrêmement nocif pour l’environnement puisque « biocide »… autrement dit, comme la javel, ça décape tout ce qui est vivant. Quand aux sols en PVC, nous avons déjà eu l’occasion de dire qu’ils étaient « à éviter » (Cf. article sur les revêtements de sol).
Bref, tant au point de vue du bilan carbone que de l’émission de matières nocives, le PVC est un matériau anti-écologique.
- PLEXIGLAS
Contre toute attente, le plexiglas, de son vrai nom « polyméthacrylate de méthyle », est un thermoplastique assez écologique. En effet, il peut se recycler aisément en étant fondu ou par « dépolymérisation »: on le chauffe et il redonne son « monomère » de départ. Malgré ce recyclage facile, son bilan carbone est assez mitigé puisqu’il nécessite une énergie fossile pour sa transformation (comme tous les plastiques) mais aucune étude n’a démontré une quelconque émission de substances nocives (contrairement au PVC).
Bref, encourageons Kartell à recycler ses anciens meubles en les « dépolymérisant » ou bien… en nous les offrant ;+)






C’est un sujet d’article très intéressant. En effet, en fonction de la qualité de la matière, de son type de conception, de sa provenance et de sa gestion de fin de vie, les bilans carbone peuvent être complètement différents.
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